Enseignement Supérieur et Recherche : adoption LPR | Rideau et écrans noirs !

 

La Loi de la Programmation de la Recherche (LPR) a été adoptée cette semaine en Commission mixte paritaire et fera l’objet d’un vote final les 17 et 20 novembre, à l’Assemblée puis au Sénat, pour être définitivement adoptée.

La qualification par le CNU supprimée, la poursuite de la précarisation avec la généralisation des contrats courts pour les jeunes recherches, la baisse accentuée des budgets, le renforcement de l’autonomie des universités qui va accroitre encore les inégalités entre elles et accentuer l’arbitraire à l’embauche, la logique néolibérale d’appels à projets qui achèvera la recherche sur le temps long et va fragiliser le travail des chercheurs notamment en sciences humaines… Tout converge pour parachever la destruction de l’université publique qui s’aligne ainsi sur la logique entrepreneuriale. 

Pourtant, cette loi avait déjà suscité une colère unitaire à un niveau inégalé dans l’ESR depuis 2009. Le confinement de mars-avril a atténué un temps la cocotte universitaire dont le couvercle allait sauter… Et pourtant : le projet de loi adopté va encore au-delà des pires scénarios.

Communique NPA 13 ESR_nov2020

Les différentes attaques ces dernières semaines sur la liberté académique d’enseigner, l’offensive infâme teintée de racisme de différents ministres contre le prétendu islamo-gauchisme des universitaires devenus complices du terrorisme, ont préparé le terrain à une criminalisation de l’enseignement supérieur. Ainsi, les occupations des facultés, pourtant élément crucial d’action des mouvements étudiants ces dernières années, relèveront désormais du pénal, avec l’incarcération (jusqu’à 3 ans !) des étudiant•e•s rebelles ; les étudiant•e•s étranger•es pourront à cet égard être expulsé•e•s.

Pendant ce temps, la précarité étudiante explose : un étudiant sur deux est salarié, souvent dans de mauvaises conditions. Nombreux.ses sont celles et ceux ayant fait les frais des licenciements (honteusement facilités par les Macronneries) pour maintenir les profits. 

Beaucoup sont contraints de revendre leurs biens et d’économiser tous types de dépenses (ordinateurs, abonnements, etc.), se retrouvent exclus des cours virtuels imposés du fait de la crise du covid, dans un isolement et une détresse psychologique… Alimenté par le stress d’une reproduction sociale impitoyable et d’un avenir qui se noircit. Les enseignant.es sont dépossédés de leur métier (la pédagogie) au profit de la technique (gavant les géants polluants du numérique), sans moyens matériels ni compensations de surcoûts. 

L’échec des politiques antiterroristes et la haine de l’université conduisent aux outrances verbales de ministres hors-sujet (que pense la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Frédérique Vidal des injures du clown triste Jean-Michel Blanquer ?) et à la recherche de boucs émissaires pour masquer les impasses politiques où l’on nous mène, contre nous.

Mais ce gouvernement odieux profite du choc de la crise sanitaire et économique pour offrir l’université à ses compagnons grands patrons.

Depuis, les décisions absurdement néolibérales ont aggravé la situation, des personnels soignants comme des étudiants, d’un point de vue sanitaire comme économique.

Comme (infime) espoir reste la procédure parlementaire devant le Conseil constitutionnel, dont on peine à croire en sa victoire tant la détermination dogmatique des néoconservateurs au pouvoir est forte. 

Et si on se déconnectait pour nous libérer de l’emprise numérique ? Et si on alliait écrans noirs, sabotage des examens, reprises de parole et de rue ?

On ne peut compter que sur nous-mêmes et notre propre rapport de forces, universitaire, étudiant et lycéen, pour bloquer la funeste LPR !

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