Colombie : vive la grève nationale, stop au massacre !

Depuis le 28 avril, la Colombie connaît une intense mobilisation contre le gouvernement de droite d’Iván Duque, avec une grève générale qui a débordé les appels syndicaux, des blocages et des manifestations… En réponse, l’héritier d’Álvaro Uribe a envoyé une police militarisée réprimer dans le sang ce soulèvement populaire. À l’heure qu’il est, au moins 37 manifestants ont été assassinés par la police, des dizaines de personnes ont disparu, et on ne compte plus les blessés par balle ou les mutilés, le tout dans un véritable black out médiatique.

Dans un contexte sanitaire très tendu (avec 500 morts du coronavirus par jour et un cruel manque de vaccins), et alors que la pandémie a contribué à faire plonger dans la misère des millions de travailleurs et de familles pauvres (avec un taux de chômage à 17 % et 21,2 millions, soit plus de 42 % de la population sous le seuil de pauvreté), le gouvernement a proposé une réforme fiscale. Le but ? Faire payer la dette aux travailleurs et aux secteurs populaires, pour préserver les profits des grandes entreprises.

Les manifestants ne s’y sont pas trompés : alors que les principales centrales syndicales appelaient à une journée de grève le 28, des millions de travailleurs ont poursuivi le mouvement les jours suivants, obligeant Iván Duque à remballer sa réforme le 2 mai. Mais même après le retrait, et malgré les appels au « dialogue » du gouvernement qui cherche à diviser les manifestants, la mobilisation s’est poursuivie, contre la réforme de privatisation de la santé, et contre l’ensemble des mesures anti-ouvrières prises par ce gouvernement, notamment une réforme du code du Travail et des retraites qui avait déjà fait sortir les Colombiens dans la rue avant la pandémie.

Iván Duque a alors lâché sa police et l’ESMAD (sorte d’escadrons de gendarmerie mobile) à toutes forces contre les manifestants, et ils n’hésitent pas à utiliser grenades lacrymogènes et autres armes à feu. Dans les villages ou les quartiers populaires, on a aussi rapporté des assassinats la nuit, par des groupes para-policiers, des cas de tortures ou de viols.

Partout dans le monde, des mobilisations de soutien ont eu lieu ce week-end, avec une participation massive de l’immigration colombienne. À Marseille, nous étions environ 200 ce samedi au Vieux-Port pour dénoncer la répression et soutenir le soulèvement populaire.

¡ Viva el paro nacional, a parar para avanzar !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.