Le Bulletin des Cheminots Anticapitalistes du NPA 13 : Nous sommes tous des Palestiniens !

Ici, le bulletin des cheminots Anticapitalistes de la semaine du 17 mai !

Bulletin du 17 mai à télécharger !

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Nous sommes tous des Palestiniens !

New-York, Madrid, Bagdad, Tunis, Londres… et Tel Aviv : ce week-end, des manifestations de solidarité avec le peuple palestinien ont eu lieu partout dans le monde. À Paris, des milliers de personnes ont bravé l’interdiction de manifester et les 4200 policiers et gendarmes mobilisés. Plus de vingt mille au total en France contre le déluge de feu qui s’abat sur la bande de Gaza. En une semaine, les bombardements israéliens ont fait 200 morts, 1200 blessés et détruit des pans entiers de la ville. Bilan qui s’aggrave de jour en jour.

Le terrorisme d’État israélien

Le gouvernement israélien prétend qu’il ne fait « que » répliquer aux roquettes envoyées par les islamistes palestiniens du Hamas (dont 90 % sont interceptées par le bouclier anti-missiles) ; qu’il ne vise « que » des cibles terroristes. Mensonge : des dizaines d’enfants ont déjà perdu la vie. Et encore 42 civils tués ce week-end dans une artère commerçante bombardée. La partie est loin d’être égale entre l’armée israélienne suréquipée et la résistance palestinienne artisanale.

L’État israélien est le premier responsable de l’escalade meurtrière. Depuis 70 ans, il mène une guerre acharnée contre les Palestiniens chassés de leur terre, privés de tous droits nationaux et réduits à vivre en citoyens de seconde zone à l’intérieur d’Israël ou à l’intérieur d’enclaves, les « territoires palestiniens », dont la Cisjordanie qui continue d’être envahie par des colons israéliens, sous le contrôle de l’armée israélienne. La bande de Gaza, véritable prison à ciel ouvert, subit de son côté un blocus économique depuis maintenant 14 ans et ne survit que grâce à l’aide humanitaire.

Une nouvelle génération en colère

Les dirigeants israéliens, alliés à l’extrême droite raciste, ont cru possible une nouvelle provocation : interdire en plein Ramadan les rassemblements autour de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, et expulser de la ville des familles palestiniennes. C’est ce qui a mis le feu aux poudres. De nombreux jeunes Arabes israéliens ont rejoint la résistance. Ils ont affronté l’armée et la police israéliennes et ces groupes d’extrême-droite, partisans d’une colonisation totale, criant « mort aux Arabes ! »

C’est dans ce climat que le Premier ministre israélien Netanyahou, dès la première roquette du Hamas, a cherché à recréer une énième « union nationale » guerrière derrière lui, en noyant sous les bombes la population gazaouie. Loin de défendre la population israélienne, cette politique contribue à creuser le fossé de sang entre les deux peuples. Netanyahou savait que sa provocation ne pourrait que susciter une riposte du Hamas, qui de son côté exerce sa dictature sur la zone de Gaza et cherche à étendre son influence contre l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, contrôlée par l’OLP et discréditée par ses compromissions.

La complicité des grandes puissances

La fuite en avant colonialiste et guerrière de l’État israélien a été encouragée par la présidence de Trump, dont Biden prend le relais, suivi de Macron. Tous clament le droit d’Israël à se « défendre ». Ce qui équivaut à un permis de tuer donné au gouvernement israélien. Les dérisoires appels à la « retenue » ne sont là que pour la galerie. Pour les grandes puissances, Israël est un allié essentiel pour gendarmer un Moyen-Orient où elles ont tant d’intérêts stratégiques et pétroliers. Le sort du peuple palestinien, et même du peuple israélien, leur est bien secondaire.

Un vent de révolte sans frontières

La solidarité envers le peuple palestinien est venue d’en bas, des jeunes et des travailleurs qui ont pris la rue le week-end dernier. Après les images de répression féroce en Birmanie, puis en Colombie, celles de Jérusalem et Gaza soulèvent une grande émotion. Les Palestiniens incarnent le sort des damnés de la terre, laissés-pour-compte d’un système capitaliste qui charrie oppressions et misère, face à des nantis et puissants qui sont nos ennemis communs. Leur lutte incarne la révolte de ceux qui refusent de baisser la tête. Les travailleurs du monde entier doivent se serrer les coudes : l’exploitation et les oppressions ne connaissent pas de frontières, nos luttes non plus !

 

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Un os à ronger ? Gare à la morsure

Comme chaque année, après le cirque des notations vient le moment de « LA Prime », cette prime individualisée qui va de 75 à 600 euros par agent, selon le bon vouloir de la hiérarchie. Évidemment personne n’a eu la même somme et toutes les justifications sont bonnes pour les chefs, tant qu’ils espèrent semer la zizanie entre les collègues.

Marre d’attendre ces échéances pour récolter les miettes de la boîte ; ce qu’il nous faut, ce sont des augmentations des salaires, qu’on ne nous reprendra pas. Et pour toutes et tous !

La sécurité, ça n’a pas de prix… sauf pour la direction !

L’ouverture à la concurrence apporte dans ses valises de nouvelles (mauvaises) surprises. Les règles de sécurité pour cheminer dans les voies vont être modifiées via un nouveau décret dit « SECUFER ». On nous y apprend à faire de savants calculs pour pouvoir désormais contourner les obstacles présents sur les pistes et itinéraires. Plutôt que de créer une usine à gaz, ne pourrait-on pas remettre en état toutes les pistes pour permettre aux agents de cheminer en toute sécurité ? Mais cela coûte plus cher que d’écrire un nouveau texte réglementaire…

Non à la répression à la RATP !

Après Alex, Ahmed Berrahal est le deuxième délégué CGT qui est révoqué pour faits de grève en quelques mois à la RATP. La boîte déclare la guerre, non seulement aux

syndicalistes, mais à tous ses salariés. Cette direction revancharde se venge de la grève de cet hiver et passe en force pour imposer des reculs à tous. Les collègues d’Ahmed étaient nombreux en grève le jour de son entretien, beaucoup de cheminots étaient au rassemblement contre les sanctions. Pas question d’en rester là !

Le premier producteur manque de vaccin

En Inde, le nombre officiel de malades du Covid est descendu sous les 400 000 par jour. Le nombre officiel de morts, lui, est encore de 4 000 par jour. Ces chiffres – impressionnants même compte-tenu des 1,3 milliard d’habitants – sont sous-estimés, car le nombre de tests est à la baisse.

L’État indien précise que 3 % de sa population est vaccinée, loin des 20 % prévus initialement pour début juillet. Pourtant, 100 millions de doses sont produites mensuellement en Inde, mais les engagements d’exportations des vaccins pour les pays riches et solvables n’ont fait qu’augmenter, diminuant d’autant les stocks prévus pour l’Inde.

Les causes de ce drame humain : le calcul froid de la rentabilité et la soumission des choix politiques à une bande de profiteurs.

Colombie : le mouvement se poursuit

En deux semaines, la population mobilisée en Colombie a fait reculer le gouvernement d’Iván Duque sur son projet de réforme fiscale, obtenu la démission des ministres des Finances et des Affaires étrangères, et semé la division dans les rangs de la majorité à propos de la réforme de privatisation de la Santé.

Le gouvernement, qui tente de discréditer la mobilisation en ouvrant un « dialogue » avec l’opposition, approfondit dans le même temps sa répression criminelle : à ce jour, 42 manifestants ont été tués par la police, il y a des milliers de blessés, et au moins 168 disparus. Mais le ras-le-bol est tel que les manifestations continuent.

Souhaitons que la colère qui commence à s’organiser puisse emporter avec elle ce gouvernement meurtrier… et raviver les braises encore chaudes en plusieurs points du continent latino-américain !

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