Manifestation à la Plaine, le 19 juin à 16h : « Partout résistant, partout quartier libre ! »

Nous relayons ici l’appel à manifester à la Plaine, ce samedi 19 juin à 16h. À l’issue de nombreuses années de lutte contre une volonté de « nettoyer » ce quartier populaire – sous le mot de requalification, un projet de gentrification à marche forcée –, la Plaine est toujours debout. Et malgré les agressions policières, les harcèlements de la préfecture ou de la mairie, les résistances s’organisent. Soyons présent•es.

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LA PLAINE, PHASE 2 : DE LA REHABILITATION à la MILITARISATION…

Ce qui s’est passé dimanche 6 juin

Un vide cafoutch s’est organisé spontanément sur la Plaine attirant foule, l’ambiance était bon enfant, bataille d’eau, petit foot, barbecue gratuit, papotages…comme on n’avait pas vu depuis longtemps, à cause du confinement. Au stand crêpes, une banderole était accrochée en écho à la mobilisation internationale contre les frontières à Nice. Mais les flics ont fait incursion au milieu des flâneur.euse.s et des enfants pour l’arracher. A trois reprises et de plus en plus brutalement. A 21h pétante, les CRS ce sont positionnés à l’entrée de la place, casques et boucliers au poing, avançant d’une seule ligne en tapant leur bouclier pour instaurer un climat de peur. Ils ont encerclé les derniers participant.e.s et les ont attaqués, en arrêtant deux pour l’exemple (incarcérés pendant plus de 48h). Plusieurs personnes ont été chargées, gazées, matraquées, tapées, faisant de nombreux.ses blessées. Une fois de plus, une fois de trop !

De trop nombreux cowboys sur la Plaine

Ces violences policières font échos à toutes celles qui se sont multipliées depuis le début du chantier et qui n’ont pas cessé à l’ouverture de la place. Elles touchent avant tout les personnes précaires et racisées qui trouvent encore à la Plaine et au Cours Julien un espace de sociabilité. Le harcèlement policier à leur encontre (au prétexte de masques, attestations, couvre-feux ou type de consommation) s’est accru au confinement. Sans considération de leurs usages de l’espace publique, qui relève plus d’une obligation que d’un choix.
Le mur n’est plus là mais la militarisation de la plaine se poursuit : couvre feux, ronde permanente, contrôles au faciès, chasse au pauvres, impunité policière, définition autoritaire des « bons » usages, appuyée par plus de 20 caméras. Toutes cette batterie sécuritaire ne prévient évidemment pas (et ne préviendra jamais) des attaques au couteau, des harcèlements et agressions sexistes, homophobes, transphobes, putophobes, racistes, classites.
– Alors à qui profite l’occupation policière ?
– Au contrôle social !
Interdiction d’alcool sur l’espace public, mais aucune limite pour les terrasses élargies par arrêté municipal ! Epicerie fine bienvenue, épiceries de nuit c’est finies ! Animation SUR autorisation, mais pour les autres INTERDICTION et REPRESSION (Carnaval, Sardinade) ! SDF et squats expulsés, immeubles toujours en péril, mais touristes bichonnés (Airbnb, hôtels de luxe) ! Harcèlement des usager.ère.s du quotidien, mais privilèges aux riverain.e.s qui marchandent leurs votes ! Condamnation de tout acte politique, mais valorisation de la consommation et des intérêts privés.
– Et que fait la mairie ???
– Elle déroule la même campagne sécuritaire que Gaudin !
Malgré la promesse de campagne d’un moratoire sur la vidéosurveillance, la mairie Printemps marseillais a accepté les financements de Vassal pour mettre encore et toujours plus de caméras dans nos vies (traitement des comportements, reconnaissance faciale et morphologique) Ça lui permet de rentrer dans la course aux idées d’extrême droite. Dans le même temps, elle poursuit la politique de monté en gamme de la ville, à l’aide de financements européens et d’Etat (Euromed). Pour cela, on s’attaque au marché du Soleil, aux stands sauvages de Noailles, ou comme Mr Ohanessian au marché aux puces de Bougainville ! Défonçant l’économie de survie. La Plaine n’est pas épargnée : le retour de marché n’est toujours pas programmé, une partie des forrain.es bon marché seront probablement évincés.
« Et toi, t’achètes où tes culottes ?! »

Place à l’autodéfense collective !

La Plaine n’est pas qu’un quartier résidentiel et festif de la classe moyenne, mais un lieu de spontanéité et de surprise qui nourrit notre esprit communautaire et notre créativité collective. Puisque l’Etat ne sert à rien là-dedans, réinventons des libres usages de l’espace et des moyens d’autodéfense face aux injustices du quotidien :
Fin de la vidéosurveillance, des GAV et de la présence policière ! Solidarité et entraide alimentaire !
Un espace pour réfléchir ensemble la justice sociale
… et remettre en cause nos privilèges !
Logement et moyens de vie,
réquisition de bâtiments pour les sans  logement,
mal-logé.e.s, délogé.e.s !

Il faut bien commencer quelque part, commençons à la Plaine !

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